TI et travail temporaire : un mariage naturel

Les travailleurs en technologies de l’information (TI) semblent toujours voler d’une organisation à l’autre. Mais cette perception est-elle justifiée ? Qu’est-ce qui explique l’importance du travail temporaire dans ce domaine ? Deux recruteurs nous en parlent.

« Il faut bien faire la différence entre les emplois temporaires et le recours à des consultants », indique d’entrée de jeu Bruno Filion, conseiller sénior acquisition de talents chez Arobas Personnel. À son avis, il n’y a pas plus d’emplois temporaires en TI que dans d’autres domaines.

Certaines entreprises embauchent néanmoins des employés en TI pour de courts mandats. Parmi les raisons derrière ce phénomène, le recruteur relève le désir de l’employeur de « voir ce que le candidat a dans le ventre » avant de lui proposer un poste permanent. Dans d’autres cas, il s’agit de composer avec une augmentation soudaine du volume de travail. « Si ce volume se maintient, souvent, l’employeur créera un poste permanent », dit-il.

Là où les TI se distinguent, c’est dans le nombre impressionnant de travailleurs autonomes que compte ce secteur. Dans son Diagnostic sectoriel 2018, TECHNOCompétences indique qu’en 2016, entre 18 000 et 22 000 travailleurs autonomes œuvraient en TI au Québec. Un nombre en croissance depuis le début du millénaire.

Pourquoi tant de consultants ?

Marie Jacques, CHRA, consultante sénior en acquisition de talents TI chez Recrutement MGMT, affirme que le travail contractuel a toujours été important dans ce domaine. Le caractère ponctuel des besoins en technologies des entreprises œuvrant hors de ce secteur est en cause : « Souvent, une entreprise a un projet spécial, comme la refonte de son site Web et de sa plateforme de commerce électronique, ou l’implantation d’un système d’infonuagique. Elle n’aura plus besoin de cet employé une fois le projet terminé, alors elle embauche plutôt un consultant », explique-t-elle.

La rareté actuelle de main-d’œuvre contribue aussi à l’accroissement du nombre de travailleurs autonomes en TI : « Les employeurs aiment les gens qui restent chez eux à long terme, mais la pénurie de main-d’œuvre peut les obliger à engager un consultant », note Bruno Filion. En 2017, le taux de chômage était en effet d’à peine 2,6 % chez les travailleurs canadiens en TI, contre 6,5 % pour l’ensemble de la main-d’œuvre au pays, selon le Conseil des technologies de l’information et des communications du Canada (CTIC).

Et la tendance n’est pas à la veille de disparaître : le CTIC prévoit que 44 000 travailleurs supplémentaires seront nécessaires dans l’industrie des TIC au Québec d’ici 2021, pour un total de 336 200 emplois dans le domaine. En Ontario, ce nombre devrait alors s’élever à 669 500 travailleurs.

Le travail autonome, pour le meilleur et pour le pire

En devenant consultants, les spécialistes en TI gagent en liberté. Ils peuvent choisir les mandats qui correspondent à leurs intérêts et négocier un taux horaire enviable. « En sécurité informatique, les consultants peuvent facilement demander 150 $ l’heure », illustre Marie Jacques. Sans compter la possibilité de soustraire de ses revenus imposables le coût de leurs outils de travail et autres dépenses encourues pour remplir leurs mandats.

Le travail autonome comporte néanmoins son lot d’inconvénients, comme l’irrégularité des revenus, le risque qu’un projet soit annulé et l’exigence de s’adapter sans cesse à de nouveaux milieux et équipes de travail.

« Le travail autonome, ce n’est pas pour tout le monde », résume Marie Jacques.

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