TI: Entrevue avec un spécialiste en recrutement informatique

Directeur Acquisition de Talents chez Uni-Select et auparavant Chef du recrutement chez Rogers au Québec, Arnaud Kermouche dresse un bilan très positif du marché de l’emploi en technologies de l’information (TI) pour l’année écoulée (entrevue réalisée en 2010). À l’heure du tout Internet, tous types de profils et de spécialités sont recherchés dans ce domaine. Aux postulants de choisir leur employeur…

Les candidats en technologies de l’information sont-ils les grands gagnants d’un marché de l’emploi en plein boom?

C’est un véritable eldorado pour les candidats, ils se voient très sollicités en effet. Il y a tellement d’occasions d’emploi dans les technologies de l’information (et dans la majorité des secteurs économiques en général) qu’ils ont l’embarras du choix, aussi bien pour des postes contractuels et permanents. Je comparerais volontiers ce que l’on vit actuellement avec la fin des années 1990, lorsque nous avons vécu le premier véritable « boom » dans ce secteur. Nous vivons ce que l’on pourrait appeler un « marché d’employés » : ce sont les employeurs qui doivent redoubler d’efforts pour attirer, séduire, mais aussi garder leurs employés. Entre le départ des premiers baby-boomers et le regain de vitalité du secteur après quelques années sombres en 2002-2004, le marché de l’emploi est en pleine effervescence depuis environ deux ans.

Quels métiers recrutent le plus?

En fait, je dirais tous ! En tête de liste, citons par exemple les analystes-programmeurs, architectes (toutes spécialités confondues), chargés de projets et autres spécialistes en réseautique. Pour certains types de technologies, on fait même face à une situation de pénurie : les spécialistes Java et .net notamment, semblent devenus une denrée rare pour les employeurs.

Quels profils recherchent les employeurs?

Ils veulent des connaissances spécifiques, de l’expertise. En clair, ils embauchent les gens sur ce qu’ils savent faire le mieux. Aussi, dans certains cas la formation scolaire n’est pas toujours un préalable à l’emploi, même si elle est utile. L’employeur privilégie généralement l’expérience et l’expertise, il veut quelqu’un d’opérationnel immédiatement. C’est pourquoi je conseille de multiplier tous types d’expériences professionnelles, quelles qu’elles soient, aussi bien que les stages et le bénévolat,  afin d’acquérir et de développer cette fameuse expertise. S’investir dans le milieu de l’« Open Source », par exemple, peut s’avérer un bon atout, puisque cela permet de participer à des projets concrets qui de surcroit donnent une visibilité à leurs auteurs.

Il faut savoir qu’une personne qui détient un diplôme collégial comme une AEC peut aujourd’hui arriver à gagner un bon salaire après quelques années d’expérience seulement. Il y a fort à parier aussi que lorsqu’ils feront face à de gros problèmes de ressources, les employeurs n’auront pas d’autre choix que de s’ouvrir davantage, quitte à se montrer moins exigeants dans certains cas.

D’autre part, il ne faut pas perdre de vue l’importance des compétences interpersonnelles. Elles comptent pour beaucoup dans la décision d’embauche. Un employeur pourra privilégier une personne moins qualifiée ou moins expérimentée qui fait preuve d’entregent à quelqu’un qui possède peu d’habiletés de communication par exemple. La raison est simple : si les compétences techniques s’acquièrent et se développent avec le temps, ce n’est pas toujours le cas des habiletés personnelles. Et il est rare aujourd’hui de travailler seul dans son coin…!?

De quelles sources les employeurs se servent-ils pour trouver des candidats en technologies de l’information? 

Les besoins sont énormes, donc les recruteurs utilisent tous les moyens mis a leur disposition, ils fouillent de partout : banques de CVs populaires, réseaux communautaires virtuels, blogues, groupes de discussion, 5@7, associations de diplômés… Tous les moyens sont bons pour dénicher la perle rare. Je conseille régulièrement aux chercheurs d’emplois de se faire connaître, d’être visible. Car après tout, plus de visibilité, c’est plus d’opportunités et plus de choix en bout de ligne !

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